dimanche 18 décembre 2011

Charleroi mon amour



538e jour - En mars 2004, un sondage initié par le quotidien hollandais De Volkskrant auprès de ses lecteurs hissait Charleroi au rang de ville la plus laide du monde.
Bien sûr, le chômage, dans le coin, atteint des taux incroyablement élevés (24,5 %). Bien sûr, les risques de maladies respiratoires – entre autres – à cause des rejets de l'industrie sont démultipliés et l'espérance de vie dans certains quartiers (la Docherie, Dampremy, Marchienne État) est de 68 ans à peine (ce qui correspond à la moyenne belge de 1960 !). Bien sûr, Charleroi est envahie de friches, d'usines vieillissantes ou condamnées, ou même abandonnées…





Il n'empêche. Il y a de la beauté ici. Et une noblesse dans la façon qu’a cette ville d'être malgré tous les coups du sort encore vivante.
Et n'en déplaise à ceux qui préfèrent les villes liftées à grands coups de baies vitrées et de marbre, ne respirant que l'air stérile d'un tertiaire devenu inhumain, mieux vaut la beauté perdue de ce qui a été que la laideur d'une médiocre et détestable réalité.
Et je préfère cent fois l'humilité d'une femme en blouse ou d'un homme en bleu à l'arrogance des cols blancs perclus de certitudes, baignant dans les ressources humaines, les stock-options ou la ferveur marketing. Voilà. C'est dit !





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