vendredi 15 décembre 2017

French Lick !





2091e jour - French Lick, drôle de nom pour une ville – il faut l’imaginer traduit : coup de langue à la française, léchouille française…
Malgré les apparences, le nom n’a rien de salace. French Lick a d’abord été un comptoir construit aux abords d’une vasière de sel dans ce qui s’appelait encore La Nouvelle France. Or, c’est par ce coin d’Indiana encore français que passait ce qu’on appelle communément la “piste des bisons”. Et c’est parce que les bovidés sauvages en manque de sodium, durant leur transhumance, s’arrêtaient là pour combler leurs carences en léchant les blocs de sel de la mine à ciel ouvert qu’on choisit de baptiser ainsi la ville.

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jeudi 14 décembre 2017

Les passantes - Londres

2090e jour - Voyant la photo, elle dit : “C’est marrant quand même, une personne insignifiante, il suffit qu’elle soit dédoublée dans une image pour qu’elle devienne remarquable…”

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mercredi 13 décembre 2017

Les deux images - Pittsburgh


2089e jour - Ce matin-là, je n’ai pris que deux images : l’une d’un cochon doré collé sur le rebord de bois du comptoir d’une gargote, l’autre d’un couple occupé à regarder la rediffusion d’un match de football américain dont ils connaissaient sans doute déjà le résultat (le match avait eu lieu la veille). Il restait une quinzaine de minutes à jouer au moment où j’ai déclenché. Je suis resté un moment, ensuite, à les regarder : ils n’ont pas bougé, pas parlé. Ils semblaient littéralement fascinés.

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mardi 12 décembre 2017

L’âge des glaces - Pittsburgh

2088e jour - À Pittsburgh, je me suis souvenu qu’enfant je passais de longues minutes devant les panneaux des glaces, plein d’expectative, avant (presque) toujours d’opter pour les pots vanille-fraise parce que j’adorais les petites cuillères de plastique qui les accompagnaient.

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lundi 11 décembre 2017

Randyland - Piitsburgh





2087e jour - Elle m’avait dit : “Si tu vas un jour à Pittsburgh, il faut absolument que tu prennes une chambre au RandyLand. Le type qui tient le truc est génial. C’est une sorte de Facteur Cheval. Il passe son temps à aménager la cour pour en faire un lieu d’art.”
Je suis descendu au RandyLand Hotel. Sur la porte de ma chambre était accroché un écriteau coloré sur lequel était écrit “Another Day in Paradise” mais le lit manquait de ressorts et j’ai mal dormi. Je me suis révéillé tôt. Je suis descendu dans le jardin. Il n’y avait pas un chat. Comme des centaines de gens, je suppose, j’ai pris des photos des lieux. Aujourd’hui, avec du recul, je me demande bien quel sens leur donner. Je n’ai jamais eu le goût des amoncellements.

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vendredi 8 décembre 2017

Zoom arrière - Pittsburgh


2086e jour - Au 926e jour de ce voyage (c’était à New York), j’ai écrit :
Un jeu : cadrer serré un détail jusqu’à ce que l'on ne puisse imaginer l'alentour.
Et puis entreprendre un zoom arrière, radical, et être presque surpris de découvrir un cadre, un paysage – tout un monde…

Ici, dans le centre d’affaire de Pittsburgh, j’ai joué.

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jeudi 7 décembre 2017

Le pays de Cavani - Salto

2085e jour - Si je suis venu à Salto c’est parce qu’un joueur de foot – Edison Cavani en l’occurence – en est originaire. Edison Cavani est le joueur préféré de l’un de mes fils et il n’est pas loin d’être le mien également. À sa façon, il est atypique avec son humilité et ses penchants mystico-intellectuels rares, sans nul doute, dans le monde du football. Quand les autres cherchent les endroits les plus “bling-bling” pour dépenser l’argent amoncelé, lui se ressource en Aubrac ou dans sa province natale du nord de l’Uruguay. C’est aussi un type capable, en toute discrétion, de prendre sous son aile un sans-papier rencontré sur le parking d’un supermarché.
Romain Molina lors d’une interview à l’occasion de la sortie d’un livre qu’il vient de consacrer au buteur parisien (El Matador, Cavani, éditions Hugo Sport) : “un jour, l'intendant de la sélection uruguayenne le prévient qu'un de ses collègues va venir à Paris, et qu'il voudrait peut-être son maillot. Ce mec bosse dans l'intendance avec lui, mais son rôle est vraiment marginal dans l'équipe, c'est presque l'intendant de l'intendant. Cavani a dû le croiser une fois ou deux. Mais qu'importe : il ne dit rien, il va lui-même le chercher à l'aéroport, lui fait visiter la ville et l'invite à manger chez lui !”

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mercredi 6 décembre 2017

La machine à histoires - Salto

2084e jour - Il suffit d’une voiture garée au bord d’un lac loin de tout pour que je me mette à imaginer des histoires par dizaines (surtout si, les vitre étant teintées, on ne devine rien de ce qui se passe à l’intérieur du véhicule).

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mardi 5 décembre 2017

Les photos des autres - Salto


2083e jour - Quand je croise une personne en train de prendre une photo, je ne peux m’empêcher de me demander : que voit-elle ? que voit-elle que je ne vois pas ? que voit-elle que je ne verrais peut-être pas ? de quoi cherche-t-elle à témoigner ? quel sens donne-t-elle à son image ? Et aussi : que deviendra la photo une fois enregistrée ? sera-t-elle montrée ? exposée ? partagée ou supprimée, perdue à tout jamais ?

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lundi 4 décembre 2017

Les pieds dans l’eau… - Salto


2082e jour - Les pieds dans l’eau, la tête dans les nuages… Salto, Uruguay.

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vendredi 1 décembre 2017

Là-bas c’est l’été - Salto

2081e jour - Alors qu’ici on s’apprête à décorer un sapin tandis que le jardin connaît ses premières givrées, là-bas les températures donnent des envies de pique-niques, de siestes, peu vêtus, à l’ombre des arbres…
Salto, dans le Nord-Ouest de l’Uruguay.

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jeudi 30 novembre 2017

69 - Magnitogorsk


2080e jour - Il est des chiffres qui ne sont pas des chiffres, où qu’ils soient inscrits…

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mercredi 29 novembre 2017

Trompeuse impression - Magnitogorsk




2079e jour - Ce pourrait être une sorte de paysage idéal, et en photo, ça l’est d’une certaine façon.
On se trouve là à quelques centaines de mètres à peine de l’un des plus grands complexe sidérurgique au monde, le combinat métallurgique de Magnitogorsk, source insondable d’émanations toxiques et de fumées délétères.

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mardi 28 novembre 2017

Aux abords du Combinat - Magnitogorsk

2078e jour - Wikipédia, lecture :
Dans le cadre de la préparation du plan quinquennal soviétique de 1928, une délégation du Soviet se rendit à Cleveland (Ohio) pour arrêter avec l'ingénieur américain Arthur G. McKee les détails d'une industrialisation à grande échelle du site de Magnitogorsk sur le modèle des usines sidérurgiques US Steel de Gary (Indiana). […] les nouvelles usines développaient une capacité de production de plus de quatre millions de tonnes d'acier par an. Le développement rapide de Magnitogorsk était l'une des priorités des plans quinquennaux de Joseph Staline […]. Les immenses réserves de minerais de fer du site en faisaient l'endroit idéal pour développer un bassin sidérurgique capable de rivaliser avec ceux des États-Unis, à ceci près qu’une grande partie de la main d’œuvre disponible, faite de paysans déclassés, n'avaient pas de formation technique ni d'expérience industrielle. Pour résoudre ce problème, on fit venir des centaines de contremaîtres étrangers […]. Le plan urbain de Magnitogorsk devait s'inspirer de ceux de Gary et de Pittsburgh, à l'époque les deux plus gros centres sidérurgiques des États-Unis : des boulevards rectilignes en plan hippodamien, avec des îlots de courées disposés parallèlement à l'usine, séparés seulement par un ruban d'espaces verts (greenbelt) faisant parc. Inspirés par le taylorisme, les urbanistes cherchaient à minimiser le trajet domicile-travail pour étirer les temps de production : les ouvriers habitaient généralement dans la bande de maison la plus proche de leur poste de travail dans l'usine. Pourtant, au moment où l'ingénieur May parachevait ses plans pour Magnitogorsk, la construction de l'usine et des courées était déjà bien engagée. L'usine tentaculaire et ses énormes lacs de refroidissement alentour ne laissaient que peu de place au développement urbain : c'est pourquoi May dut adapter son projet aux infrastructures existantes, donnant aux cités ouvrière un tracé en S. Bien que l'usine et les zones les plus résidentielles soient séparées par le fleuve Oural, les habitants sont toujours en proie aux émanations toxiques et aux fumées. 

Le livre de John Scott, Behind the Urals, documente l’expansion industrielle de Magnitogorsk au cours des années 1930. Scott y décrit l'industrialisation accélérée et les bouleversements sociaux durant le premier plan quinquennal de Staline et le climat de paranoïa croissant du régime Soviétique à l'aube des Grandes Purges de la fin des années 1930. En 1937, les autorités invitèrent les auxiliaires étrangers à quitter le pays, et Magnitogorsk fut déclarée ville fermée par le régime […]. Magnitogorsk joue un important rôle pendant la Seconde Guerre mondiale pour le complexe militaro-industriel soviétique. Elle produit la moitié des chars d'assaut soviétiques, ainsi que le tiers des balles et des obus de l'armée. Sa position stratégique, à proximité des monts Oural, la mettait hors d'atteinte des griffes de l'armée allemande. Dans le cadre de la perestroïka, le statut de ville fermée fut aboli et les étrangers furent de nouveau autorisés à visiter la ville. Le Combinat métallurgique de Magnitogorsk (abrégé en russe en « MMK ») est devenu une société par actions, qui s'est impliquée dans la reconstruction du chemin de fer et la construction de l'aéroport. Mais l'épuisement des ressources locales en minerais de fer implique qu'il faut désormais acheminer vers Magnitogorsk la matière première depuis les mines de Sokolvsko-Sarbaïsky dans le nord du Kazakhstan. 

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lundi 27 novembre 2017

Sur les rives du fleuve Oural - Magnitogorsk

2077e jour - À Magnitogorsk, oblast de Tcheliabinsk, j’ai vu des jeunes gars marcher dans la neige. C’était sur sur la rive occidentale du fleuve Oural. Ils marchaient d’un bon pas, ils semblaient savoir où ils allaient. Je ne les ai pas suivis (peut-être aurais-je dû).

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vendredi 24 novembre 2017

De l’autre côté de la ligne - Magnitogorsk


2076e jour - Magnitogorsk, oblast de Tcheliabinsk. J’ai toujours eu le goût des frontières, des limites, de ces lignes tracées sur les cartes pour dire que ce n’est pas tout à fait pareil d’un côté ou de l’autre.
Ici, les panneaux sont placés au milieu d’un pont qui surplombe le fleuve Oural. Sur les deux rives, cependant, c’est Magnitogorsk que l’on arpente, que l’on habite. Magnitogorsk est ce qu’on appelle une ville à cheval, une ville bicontinentale.

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jeudi 23 novembre 2017

L’effacement - Boston

2075e jour - Fouillant dans une boîte à archives, j’ai retrouvé le ticket acheté il y a une dizaine d’années déjà dans une brocante du Delaware. Ça m’a donné l’envie d’aller farfouiller sur internet, pour voir. J’ai découvert que le Circle Old Howard était une institution à Boston, dans les années 50. On y venait parfois du fin fond du Massachusetts pour vivre la grande expérience du Burlesque. J'ai découvert aussi que les stripteasaseuses, ce samedi 14 novembre 1953, avaient pour nom Margie Hart, Lili St. Cyr et Gipsy Rose Lee (ce sont elles, de gauche à droite, sur les photos ci-dessous).

J’ai bien sûr également voulu voir à quoi pouvaient bien ressembler les lieux aujourd’hui. J’ai tapé l’adresse dans Google Maps, 34 Howard St., Boston, Massachusetts…
Les murs du théâtre étaient encore debout en 2009. Ils venaient d’être détruits au second passage de la Google Car, en juillet 2011… Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’édifice – difficile, se promenant là, de faire un quelconque rapprochement avec le ticket retrouvé.






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mercredi 22 novembre 2017

Improbable - Sur une route à proximité de Bacau




2074e jour - Une route à la sortie de Bacau, Roumanie. Une ligne droite. Peu de circulation. Des champs, une zone industrielle, des relais de bord de route, d’autres champs. Et puis soudain, une scène improbable.

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mardi 21 novembre 2017

On the road - Quelque part en Inde

2073e jour - Il m’arrive de me demander quel sens donner à mon voyage. Il suffit aussi, au cours de celui-ci, que je tombe sur un détail de rien, des lettres dessinées sur le pare-choc d’un camion par exemple, pour que j’en voie soudain toute la pertinence à mes yeux…

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lundi 20 novembre 2017

Route en construction - Quelque part en Inde


2072e jour - Pour l’instant, sur la carte, il n’y a rien, pas le moindre tracé. Et quand on plonge au niveau du territoire, il n’y a guère plus : juste de la terre tassée, promesse de grand axe, quelques bidons qui traînent – et des envies de remettre les pieds dans le coin dans une poignée d’années.

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vendredi 17 novembre 2017

Les coprs découpés - Red Sand Hills


2071e jour - Red Sand Hills, à proximité de Bheemunipatnam, sur la côte Est de l’Inde… J’aime tomber sur des corps découpés par la machine. J’aime la façon dont les corps, alors, se fondent dans le paysage, et la part de mystère que pareils enchevêtrements impliquent.

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